Colocation à Casablanca : bien choisir, bien partager, écrire les règles

A view from the fishing port on the hassan 2 mosque casablanca
A view from the fishing port on the hassan 2 mosque casablanca · Omalihy · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

La colocation est ce qui rend Casablanca vivable avec un salaire de début : elle divise le loyer, les charges et la bonbonne de gaz. Elle est aussi ce qui rend une année pénible quand rien n’a été posé par écrit avant d’emménager. Les deux tiennent aux mêmes détails.

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Casablanca, Morocco November 2023 - Building interior
Casablanca, Morocco November 2023 - Building interior · Sharon Hahn Darlin · CC BY 2.0 · Wikimedia Commons

Ce que la colocation change vraiment

À budget égal, partager un trois-pièces à Gauthier ou au Maârif place chacun dans un quartier qu’il ne pourrait pas s’offrir seul : un salon où recevoir, une vraie cuisine, un gardien qui reçoit les colis. C’est la différence entre dix minutes à pied jusqu’au bureau et quarante minutes de bus.

Un loyer, une connexion et une machine à laver se partagent très bien. Une salle de bains à huit heures du matin et le silence du dimanche après-midi, beaucoup moins. Le coût d’une colocation ratée ne se lit pas sur un relevé bancaire : il se lit dans le fait qu’on ne rentre plus chez soi le soir.

Casablanca, Morocco view with curiving streets November 2023
Casablanca, Morocco view with curiving streets November 2023 · Sharon Hahn Darlin · CC BY 2.0 · Wikimedia Commons

Choisir les colocataires avant l’appartement

Les disputes portent rarement sur l’argent : elles portent sur les horaires, les invités et le ménage, dans cet ordre. Celui qui rentre des plateaux de Sidi Maârouf après minuit ne vit pas dans le même appartement que celui qui part à sept heures pour prendre les embouteillages de vitesse.

Trois questions posées avant de signer évacuent l’essentiel : vos horaires, vos invités en semaine, et qui fait les parties communes à quel rythme. Les réponses vagues sont aussi des réponses. Regardez aussi la durée d’engagement de chacun : c’est celui qui reste qui cherchera le remplaçant.

Visiter à plusieurs, et regarder autre chose

Visitez ensemble, à l’heure où vous vivrez vraiment là. Un appartement du Maârif vu un mardi à quinze heures est muet ; le même, un jeudi à vingt-deux heures, se découvre au-dessus d’une terrasse de café. Une chambre sur courette est fraîche l’été, mais sombre toute l’année.

Les immeubles des années cinquante et soixante ont leurs faiblesses connues : plomberie fatiguée, simple vitrage, murs qui prennent l’humidité en hiver, et presque jamais de chauffage. En revanche, leurs hauts plafonds tiennent mieux la chaleur qu’une climatisation posée à la va-vite. Les jours de chergui, c’est la ventilation qui sauve la nuit.

Répartir les charges sans y revenir tous les mois

Le loyer se répartit au prorata des chambres dès qu’elles sont inégales, et elles le sont presque toujours ici. Celui qui prend la grande chambre sur rue ne paie pas comme celui qui prend la petite pièce intérieure sans placard. On en discute une fois, on l’écrit, on n’y revient plus.

L’eau et l’électricité se divisent à parts égales, avec une photo du compteur le même jour chaque mois. La facture arrive toujours en retard sur les départs : celui qui s’en va paie sur un relevé, pas de mémoire. L’internet et le syndic se partagent le jour du loyer.

Une caisse commune fait le reste : entretien, ampoules, joint de robinet, geste mensuel pour le gardien, bonbonnes de butane — sinon c’est toujours le même qui descend et qui avance. Une seule personne la tient, tickets visibles de tous.

Le bail, la caution et le propriétaire

Deux montages existent. Soit un seul colocataire signe et héberge les autres : simple pour le propriétaire, risqué pour le signataire, seul responsable du loyer et des dégâts. Soit tout le monde signe, ce qui protège chacun mais oblige à un avenant à chaque départ.

Écrivez qui a versé quelle part de la caution, avec la date : c’est la première source de conflit au moment de partir, loin devant la vaisselle. Le plus propre est que le remplaçant rachète la part du partant, directement entre eux, état des lieux photographié à l’appui.

Le bail gagne à être enregistré auprès de l’administration ; les droits et les délais évoluent, et cela se vérifie auprès du notaire. Prévenez aussi le propriétaire que vous serez plusieurs : une colocation cachée fragilise tout le monde.

Les règles à écrire le premier jour

Une page dans un document partagé suffit. Ce n’est pas un contrat destiné à un tribunal, c’est une note lue et datée par tous, qu’on pourra montrer sans transformer la cuisine en salle d’audience. On l’écrit le premier jour, et on la relit à chaque arrivée.

Deux points s’oublient toujours, et se règlent en une ligne : le ramadan, où la cuisine tourne au coucher du soleil puis avant l’aube, et l’abonnement internet, souscrit au nom d’un seul et qui part avec lui.

La colocation est-elle courante à Casablanca ?

Oui, surtout chez les jeunes actifs et les étudiants, dans les quartiers centraux où un appartement entier est hors de portée pour une personne seule. Elle passe encore beaucoup par le bouche-à-oreille, ce qui rend le choix des colocataires d’autant plus décisif.

Le propriétaire doit-il être au courant ?

Toujours. Une colocation cachée peut justifier une résiliation du bail, y compris pour ceux qui payaient sans rien demander. Annoncez-le dès la visite : beaucoup acceptent quand ils savent qui occupe les chambres.

Comment récupérer sa part de caution en partant ?

En ayant écrit dès le départ qui a versé quoi, et en faisant un état des lieux avec photos à l’entrée comme à la sortie. Le plus simple reste que l’arrivant rachète la part du partant.

Faut-il un contrat écrit entre colocataires ?

Il n’est pas obligatoire, mais il évite des mois de tension. Le bail vous lie au propriétaire ; la note entre colocataires vous lie entre vous, sur le préavis, le ménage et le remplacement.

Quel est le meilleur moment pour chercher ?

Évitez septembre : rentrée universitaire et prises de poste tombent ensemble, les bonnes chambres partent en quelques jours et personne ne négocie. La fin du printemps et l’hiver laissent le temps de visiter deux fois avant de signer.

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